Une clinique si accueillante

 

Une clinique si accueillante – Waldeck Moreau

La force du roman est de nous entraîner dans sa lecture et dans ses abimes tant l’art narratif de l’auteur nous happe sans nous  laisser de répit.

La scène inaugurale d’Une clinique si accueillante ouvre de façon brutale la symphonie macabre qui va suivre. Nous sommes à Brest.
Une jeune femme agonise en bord de mer. Deux jeunes sont présents sur la scène du crime et ils viennent « nettoyer » sur ordre . Il l’achèvent. Elle est transportée plus loin et jetée à la mer. Peu de temps après une bande de jeunes découvre un sein en bordure de la plage du Minou. Le Commandant Croguennec, arrivé tout juste de Montpellier, est chargé de l’enquête, secondé par le Lieutenant Manon Leguellec. De rebondissement en rebondissement on assiste à une histoire où les notables locaux sévissent en tenant sous leur coupe la région. Parallèlement, on assiste à la vengeance implacable d’une jeune femme, Violette, enfermée depuis huit ans en hôpital psychiatrique et qui va réussir à s’en échapper. Sa vengeance sera totale, et exécutée avec rigueur et obstination , sur fond musical qui convoque Verdi et une mise en scène sertie d’un camélia. Brest l’embrumée, est un personnage à part entière du récit et magnifiquement décrite.

Un polar, noir,aux multiples entrées qui forment un noeud d’une noirceur totale.

La force du roman est de nous entraîner dans sa lecture et dans ses abimes tant l’art narratif de l’auteur nous happe sans nous  laisser de répit. Non seulement c’est très abouti, avec un style qui ménage juste ce qu’il faut de distance, mais les images, personnages et paysages confondus, sont particulièrement visuelles et cinétiques.

C’’est très réussi et on souhaite à cet auteur d’ouvrir d’autres portes de cette qualité.

Niurka Règle

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