209 Rue Saint-Maur Paris X°, autobiographie d’un immeuble de Ruth Zylberman

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209 Rue Saint-Maur Paris X°, autobiographie d’un immeuble de Ruth Zylberman

Editions du Seuil
Janvier 2020
448 pages
EAN 9782021426243

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Description

209 Rue Saint-Maur PARIS X°, autobiographie d’un immeuble de Ruth Zylberman

Ecrire l’autobiographie d’un immeuble relève du paradoxe puisqu’a priori un bâtiment ne peut relater sa vie. D’autres ont tenté cette expérience, notamment Georges Pérec dont une citation ouvre le livre,  J’aimerais qu’il existe des lieux immobiles, … immuables, enracinés ; des lieux qui seraient des sources.

L’auteure s’empare de cette réflexion sur l’espace que Pérec a justifiée en précisant que l’espace n’est jamais donné qu’il faut en faire La conquête. Nous y sommes avec Ruth Zylberman, elle ouvre donc une enquête sur ce lieu qu’elle se destine dit-elle à éplucher ayant découvert qu’au cœur d’un quartier qui fut une terre d’immigration, un carré édifié autour d’une cour recèle l’histoire croisée de peuples divers et l’histoire de notre pays, Mon immeuble comme un monde, mon immeuble comme un oignon.

Cette recherche documentaire prend la forme d’un récit autobiographique parce qu’elle interpelle dans leurs vies, un à un les personnages qui ont traversé ces lieux. Derrières les murs des appartements, elle écoute les conversations du passé comme autrefois on a décollé les papiers peints pour découvrir des traces de ce qui a été.

Un palimpseste

Le récit prend la forme d’un palimpseste et l’enquête devient vertigineuse. Elle remonte à La Commune de Paris, aux barricades en passant par l’affaire Dreyfus jusqu’à nos jours et marque un long temps d’arrêt sur la période récente et la déportation des juifs qui ont partagé la vie de ce lieu. Elle-même, issue d’une famille de déportés donne à lire des souvenirs personnels mais c’est pour mieux faire entendre les propos de ceux qu’elle interroge et les relier, comme le dit un rescapé, pour qui témoigner est un devoir, un engagement.

Le texte est truffé d’anecdotes et de péripéties dans les recherches qui la mènent au bout du monde. Vous y rencontrerez Madame Massacré concierge, Léon Gardeblé, Odette, Henry l’américain de New York, Jacques  qui découvre comment il a été confié par sa mère qu’on envoyait à Drancy, les yeux verts de René, il faudrait n’oublier personne. Suivez Sonia et Maria, écoutez Miquette, les Dinanceau, Thérèse, la famille Pelti et bien d’autres encore, ceux qui ont survécu, ceux qui n’ont pas revu le monde, vous lirez aussi les actes merveilleux de Résistance et la collaboration.

La géographie d’un lieu est impactée par la géographie de la planète, l’exercice passionnant de cette quête à la recherche des êtres perdus mais peu à peu retrouvés, rendus vivants par la détermination de l’auteure, forme un exemple de mémoire Mode d’emploi. Le deux cent neuf revit De Sang neuf , dixit  Isabelle,  sous la plume chaleureuse et attentive de Ruth Zylberman.

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