Les jardins d’hiver de Michel Moatti

Les jardin d’hiver de Michel Moatti

Un thriller historico-psychologique pendant la “Guerre sale” en Argentine. Michel Moatti excelle une fois de plus dans l’art de dévoiler les émotions les plus intimes.

Waldeck Moreau pour l’Opuscule

Un soir, Mathieu Ermine ramasse un homme amoché sur la route. Il s’agit de Jorge Neuman, écrivain enlevé, torturé puis relâché par la junte militaire. Nous sommes en 1979 après le coup d’État militaire en Argentine qui engendra 50 000 assassinats d’opposants, 30 000 disparus « desaparecidos ». Mathieu Ermine travaille à l’institut français de Buenos Aires comme bibliothécaire. Le coup d’État, il le regarde de loin, ne s’y intéresse pas vraiment, même si au sein de l’institution française, des départs s’accélèrent. Lorsqu’il ramène Jorge Neuman chez lui, il prend conscience de ce qui se passe. Mais une conscience toute relative. Ce n’est que lorsque l’étau se resserre autour de lui, que la peur n’est plus tenable, qu’il décide de fuir la dictature et rentrer en France. Dans ses bagages, Neuman, écrivain à succès avant le coup d’État, lui fait passer une enveloppe dont les documents relatent la “guerre sale“, son histoire et son désir de vengeance.

Trente ans plus tard Mathieu se lance dans une biographie de Neuman. Le suspense commence. Qui est vraiment Jorge Neuman ? Comment est mort le capitaine Vidal ? Et que cherchent les Pavòn qui réunissent des Argentins victimes de la dictature ?

L’ouvrage de Mathieu Ermine est un succès, mais bientôt, des critiques se font entendre. Et lorsqu’apparaît Claudia à une soirée thématique organisée par une librairie de Saint-Germain-des-Prés, tout bascule.

Ce que nous pensons de Les Jardins d’Hiver de Michel Moatti.

Nous n’attendions pas Michel Moatti sur ce terrain, c’est la première surprise de ce livre. Et quelle surprise ! L’auteur arrive à nous tenir en haleine dans un thriller historico-psychologique. Comme lors de ses précédents livres, nous apprenons. Car Michel Moatti se documente, étudie le contexte et nous le fait partager sans toutefois nous donner des leçons. Un exercice dans lequel l’auteur excelle. Un roman historique qui nous plonge dans les années noires de l’Argentine, la “Guerre sale“ qui fit des dizaines de milliers de victimes, mais aussi dans la psychologie puisqu’aucun des personnages du livre ne sont vraiment des héros. Juste des hommes et des femmes qui tentent de se battre, de survivre, avec leurs motivations, leurs faiblesses et leurs défauts. C’est tout l’art de ce roman de nous amener loin des clichés. Un auteur et un livre à lire et à offrir absolument.

PS : Michel Moatti devait venir à la librairie l’Opuscule le 5 novembre. La situation sanitaire ne l’a pas permis. Mais l’auteur aura plaisir à vous gratifier d’une dédicace. Un petit plus pour un plaisir de lecture garanti !

Voir aussi notre critique de :
Et tout sera silence, éd. HC, 2019 (roman).

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